Portrait du mois de juillet

FAMILLE AMADIEU - Pierre Amadieu


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Pierre Amadieu, futuriste enraciné

Il ne fait aucun doute pour ce solide terrien que c’est en mettant son expérience collective du marché au service de la filière que le négoce joue tout son rôle. Mais pour autant, « pas question d’oublier les fondamentaux et d’aller contre ce que la nature peut nous donner ». En 1929, son grand-père pose sa trompette et quitte les bals pour se consacrer à la vigne et au vin. C’est l’un des premiers à écrire Gigondas sur ses étiquettes. Aujourd’hui, Pierre Amadieu, poursuit sa partition et cherche à mettre en accord la vérité des terroirs et les besoins du marché. Avec constance et conviction. Et à son rythme. Quand il prend en mains, en 1995, le développement de l’export de la maison familiale, un impératif, il se rend vite compte que ce n’est pas gagné… « On me demandait la différence entre un Gigondas et un Côte-du-Rhône. Pourquoi y a t-il une différence de prix ? C’était à Londres et ce n’est pas si vieux… ».

Révolution qualité
Depuis, on lui pose moins la question. Après le nord, le sud de la vallée du Rhône a fait valoir à son tour la qualité et la diversité de ses crus. Dans le sillage des 4 appellations phares, Châteauneuf-du-Pape, Tavel, Gigondas et Vacqueyras, des villages comme Rasteau, Cairanne, Plan de Dieu, Vinsobres ou Beaumes de Venise sont sortis du lot. Au cœur de ces montées en gamme, un dénominateur commun, le Grenache, le cépage emblématique du Rhône Sud qui donne son meilleur sur ces terroirs solaires, aérés et généreux. « La vallée du Rhône est l’une des seules régions sinon la seule où, tous les 4/5 ans, un ou deux crus émergent, souligne Pierre. Parce que les producteurs, aidés par les négociants, ont décidé de mettre en avant les particularités de leur terroir et d’avoir des règles plus strictes ».

Jeune et vieux
Pierre Amadieu y voit la marque d’une jeune région viticole quand, dans le Bordelais ou en Bourgogne, la hiérarchie ne bouge jamais. Dernier exemple en date, le Cairanne, reconnu AOC en juin 2016. « La vallée du Rhône est jeune. On y fait du vin depuis plus de 2 000 ans, mais le vin de qualité y vit une véritable révolution depuis 30/40 ans ». Pour le négociant qu’il est, ces terroirs sont une véritable aubaine. La richesse et la diversité des vins produits et des marques permettent de structurer une gamme complète qui couvre tous les besoins des marchés, des premiers prix aux prémiums.

Approche collective
Nul doute que les vins du Rhône ont encore beaucoup à faire pour mieux se faire connaitre et se doter de nouvelles billes pour l’approche collective du marché. « Le marché du vin est en train de se structurer mondialement. L’UMVR peut nous aider à mieux comprendre les attentes des consommateurs et à réguler collectivement la production. Il est très important de mettre notre expérience collective du marché au service des intérêts de toute la filière ». Le marché, oui mais… Pierre est convaincu qu’après avoir structuré et positionné le haut de gamme, l’heure est à la structuration du cœur de gamme. Il fait confiance aux gens de la vallée du Rhône pour le faire intelligemment. « On fait passer tous les jours des messages aux producteurs sur nos besoins. Mais il n’y a pas que le marché qui est versatile et bouge en permanence. La réalité de nos terroirs est à long terme quelque chose d’évident ».